Interview in French

Derek Ridgers est surement l'un des meilleurs photographes sur l'angleterre des années 70-80. Ses clichés plus authentiques que la réalité nous font découvrir et parfois même nous transportent dans cette angleterre qui a vu naitre des mouvements qui existent encore aujourd'hui comme les skinheads, les rockers, les mods... J'ai demandé à Derek Ridgers de répondre à quelques questions les voici:

Horrible Music for Horrible People - 1/ Comment as tu commencé la photographie ?

Derek Ridgers - Pour commencer, j'étais juste un fan de musique avec un appareil photo emprunté. Je voulais simplement être un peu plus proche des groupes que j'aimais. Donc, j'ai commencé à prendre un appareil photo dans les concerts, en prétendant être un photographe et en forçant mon chemin vers l'avant. Mais quand les punks sont arrivés vers la fin de l'année 1976 le public est soudainement devenu plus photogénique que les groupes. Et donc, j'ai commencé avec les punks, j'ai développé une sorte de compulsion à enregister certaines des fantastiques exubérantes et colorées jeunes personnes que je voyais, dans les boites de nuits et, plus tard, dans la rue.

derek ridgers by david johnson

Derek Ridgers fin 2015 (crédit photo: D.Johnson)

2/ Tu as photographié beaucoup de subculture, laquelle t'as le plus intéressé ?

Je pense quelles sont toutes intéréssantes mais je m'identifiais avec les skinheads d'une manière que je ne peux pas vraiment m'identifié avec les autres - bien qu'elles est toutes des similitudes. Mes vues sociales et politiques étaient très différentes de celles des skinheads. Je les ai rencontré et photographié à ce moment la. 95% étaient très sympathique, une fois qu'ils commençaient à me connaître un peu.

3/ Peux tu nous raconter un jour avec les skinheads dans les années 80.

Les seules jours entiers que j'ai passé avec les skinheads étaient quand ils avaient des excursions au bord de la mer pendant les jours fériés. Cela signifiait se réunir très tot soit pour un train ou une voiture, et voyager tous ensemble. Après quoi, ils marchaient tous ensemble dans la ville pour essayer de trouver un pub décent, et ils passaient la majeure partie du milieu de la journée à boire (il était un temps où les pubs fermés encore l'après-midi). Après quoi, avec un peu de courage hollandais, ils se divisaient en petits groupes et marchaient autour de la ville tout en étant surveillé par la police. Habituellement, il y avait d'autres groupes de jeunes autour - comme les mods ou les rockers - et bien qu'il y avait un peu d'intimidation et de courses, il y avait très rarement de gros combats. Inévitablement, il y avait certains mauvais comportements qui entrainaient des arrestations mais à la fin la police s'ennuyait à simplement nous suivre. Après quoi, ils étaient "escortés" en cortège vers leurs voitures ou leurs trains pour le retour à la maison.

4/ As tu photographié Ian Stuart ? Si oui, peux tu nous en dire plus sur lui ?

Aussi loin que je me souviens, je n'ai jamais photographié Ian Stuart.

5/ Tu as des projets à venir ?

Mon prochain livre est sur les punks de Londres en 1977.

6/ Tu as photographié Nicky Crane, peux tu nous en dire plus sur lui ?

J'ai très bien connu Nicky dans les années 1978 à 1982, après je ne le voyais plus souvent. Bien sur durant une partie de cette époque il était en prison. Quand il était sobre et sur une base un à un, il parlait calmement et c'était un bon gars. Il m'a souvent sauvé lors de bagarre et je lui suis très reconnaissant à ce jour pour certaines de ses interventions de 11ème heures. Mais il a eu ses problèmes, et à ce moment la, je pense qu'il aurait admis avec facilité être un peu un voyou. Je l'ai interviewé pour le spectacle que j'avais en 1980 (je pense que je dois encore avoir la bande quelque part). Il m'a raconté les problèmes qu'il avait, expulsé de l'école et aussi ses antécedents familiaux. Je pense que sa mère a lutté seule pour gérer 10 frères et soeurs et, de mémoire, je crois que Nicky a quitté la maison à 16 ans. Je l'ai vu à la dernière gay pride en 1993 - Après être sorti - et il m'a dit qu'il avait arrêté de voir beaucoup de ses anciennes vues et que sa vie avait complètement changé. De toute évidence, cela n'a pas annulé un grand nombes des mauvaises choses qu'il avait fait, mais, avant sa mort, il a certainement était amené à regretter beaucoup de choses qu'il avait fait.

NICKY CRANE

Photo de Nicky Crane par Derek Ridgers

7/ Tu as récemment publié un excellent photobook (skinheads: 1979 - 1984 ), comment as tu choisis les photos qui y apparaissent ?

Le processus d'éditon était très simple, j'ai choisis les meilleures photographies - sans quelles soient trop répétitives.

8/ Toutes tes photos sont sont sur le web ? ou tu as encore des trésors à nous faire découvrir ?

Je ne veux pas que toutes mes photographies soient sur le web car sinon pourquoi les gens auraient besoin d'acheter le livre ? Mais je peux assurer à tous ceux qui envisagent d'acheter le livre que toutes mes meilleures photos sur les skinheads sont dedans. J'ai pris littéralement des centaines de photographies, mais elles n'étaient pas toutes très bonnes. Je dirai qu'il y a encore environ 30% à voir.

9/ Peux tu nous raconter quelques anecdotes sur tes reportages photos ?

Je préfère laisser parler mes photographies d'elles mêmes.

10/ Tu as gardé des contacts avec certains skinheads des années 70 - 80 ?

Pas vraiment, seulement quelques email occasionnel. En tout cas, pas jusqu'à l'arrivée de Facebook. Facebook m'a permis de me reconnecter avec un bon nombre de mes vieux sujets et j'en ai même rencontré quelques uns.

11/ Merci pour tes réponses, je te laisse le mot de la fin !

Merci pour ton intéret.

Interview in English

Horrible Music for Horrible People - 1/ How did you start photography ?
Derek Ridgers - To begin with, I was just a music fan with a borrowed camera.  I just wanted to get a bit closer to some of the bands I loved.  So I started taking the camera along to gigs, pretending to be a photographer and forcing my way to the front.  But when punk came along at the end of ’76 the audience suddenly became more photogenic than the bands.  And so, starting with the punks, I developed something of a compulsion to record some of the fantastically exuberant and colourful young people I saw, both in nightclubs and, later on, on the street.

2/ You photographed many subculture, which interested you the most?
I think they were all interesting but I identified with the skinheads in a way that I didn’t really identify with any of the others - although there are similarities in them all. My social and political views were very different to those of skinheads I met and photographed at that time but, as people, they didn’t seem very different to me when I was growing up, feeling a bit different but not knowing exactly why. 95% were perfectly friendly, once they’d got to know me a little.

3/ Can you tell us a day with the skinheads in the 80s ?
The only whole days I ever spent with the skinheads was when they were having an excursion to the seaside during a Bank Holiday.  That would mean meeting up very early for either a train or a coach and all travelling there together.  After which they’d we’d all walk around the town together until they found a decent pub, or a decent few pubs if there was a lot of them, and spend most of the middle of the day drinking (it was at a time when pubs still closed in the afternoon).  After which, with a bit of dutch courage, they would usually split up into smaller groups and walk around the town, all the while being monitored by the police.  Usually there would be some other youth groups around - like mods or rockers/bikers - and although there might be a bit of posturing and running around, there were very rarely any big fights.  Inevitably there would be some sort of bad behaviour and there would be a few arrests and eventually the police would get bored with simply following us all around.  After which they would “escort” the groups back onto their coaches or trains for the ride home.

Carnaby Street, Soho May 1979

" Carnaby Street, Soho May 1979 " (crédit photo: Derek Ridgers)

4/ Have you photographed Ian Stuart ? If so, can you tell us more ?
As far as I know, I have never photographed Ian Stuart.
5/ Do you have any upcoming projects ?
My next book is a book about punk in London in 1977.

6/ You photographed Nicky Crane, can you tell us more about him ?
I knew Nicky quite well in the years 1978 to about 1982 after which I didn’t see him that often.  Of course, during some of that time he was in prison.  When he was sober and on a one to one basis he was quietly spoken and quite a nice guy.  He saved me from getting beaten up a couple of times and I am very grateful to this day for some of his 11th hour interventions. But he did have his problems and, at that time, I think he would have happily admitted to being a bit of a thug. I interviewed him for the show I had in 1980 (and I think I still have the tape somewhere).  He told me about the problems he had, getting expelled from school and also his family background.  I think his single mother struggled to managed 10 brothers and sisters and, from memory, I think Nicky left home at 16. I last saw him at Gay Pride in 1993 - after he’d come out - and he told me he’d rescinded many of his old views and he’d his life around changed completely.  Obviously that didn’t cancel out many of the bad things he’d done but, before he died, he certainly came to regret a lot of what he’d done.

7/ You recently published an excellent photobook (skinheads: 1979 - 1984), how did you choose the pictures that appear in the book?
The editing process was really just what I felt were the best photographs that I had - without there being too much repetition..

SKIN 1979 1984


8/ All your pictures are on the web? or you still have to make us discover treasures in the coming years ?
I never want all my photographs to be on the web because then why would anyone need to buy the books?  But I can assure anyone thinking of buying the book that all the best skinhead photographs I took are in there.  I took literally hundreds but they weren’t all very good.  I’d say there are only about 30% yet to be seen.

9/ Can you tell us some anecdotes about your photo reports ?
I would much rather my photographs speak for themselves.

10/ Have you kept connections with some skinheads 70-80’s ?
Not really, other than the occasional email.  Not until Facebook came along.  Facebook has allowed me to reconnect with quite a few of my old subjects and I’ve even met up with a few of them.  I met several at the Skinhead book launch and they all seemed rather charming.  Some have changed radically over the years, some hardly at all.

11/ Thank you for your answers, I leave you the last word ?
Thanks for your interest.