01 avril 2016

Interview de SABOTAGE STHLM ( Avril 2016 ):

Horrible Music for Horrible People - 1/ Salut, pouvez vous présenter le groupe ?

Sabotage - Salut, le groupe est moi (Robban, chant), Matte (batterie), Erik (guitare) et depuis quelques semaines Johan (basse). Nous avons commencé en 2013 et ont a réalisé un 7" et un 12" et prochainement une troisième sortie, un 7" intitulé " A Furore Normannorum Libera Nos, Domine!" et il sera publié sur Pretty Shitty Town comme nos autres productions. Nous résidons tous à Stockholm.

SABOTAGE STHLM 2016

Sabotage en 2016

2/ Comment vous êtes vous rencontrés ?

J'ai premièrement rencontré Erik et Matte (qui sont amis depuis l'enfance, tous les deux arrivant de Haninge dans la région du grand Stockholm) à divers concerts à Stockholm vers la fin des années 90. Ils jouaient dans le groupe hardcore Frontlash à l'époque, et je suis allé les voirs à quelques reprises. Plus tard, quand je me suis déplacé à Stockholm j'ai appris à mieux les connaitre et moi et Erik ont a décidé de monter un groupe ensemble, ce que nous avons fait en 2003 en formant Contemptuous, qui a rompu en 2006. Quand nous répétions pour un concert de retrouvailles au festival  PSK Erik m'a dit que lui et Matte avaient quelques vieilles chansons qu'ils voulaient ré-enregistrer en suédois, et le reste de l'histoire... Johan est un skinhead du sud ouest de la Suède qui a vécu quelques temps à Stockholm. Quand nous avons décidé de changer notre line-up pour devenir un quatuor, nous avions besoin d'un bassiste fiable donc nous l'avons contacté pour faire un essai. Les membres précédents sont Slebbe, un psychobilly aussi originaire de Haninge que moi et Erik connaissions depuis 2004, et Silvio (ancien Maraboots, maintenant dans le groupe Projekt 9) que j'ai connu en jouant avec Antipati en Italie et qui à plus tard déménagé en Suède.

3/ Pourquoi le nom Sabotage Sthlm et pourquoi l'avez vous choisi ?

C'est seulement Sabotage (le Sthlm (abbréviation pour Stockholm) est seulement pour nous séparer des autres artistes utilisant le même nom que nous), mais je suppose que dans la rétrospective, c'est un bon nom accrocheur avec un sens international. Matte avait suggéré "The Black Sabbath", il l'avait trouvé sur un album du même nom.

4/ Quelles sont vos influences musicales ?

Erik ecrit la plus part des chansons, et générallement il se réfère à la pop musique des années 80, The Templars et un peu de RAC des années 80.

J'écoute beaucoup de choses en lien avec les punks et les skinheads, je dirai sa de Johan aussi. Matte est dans le hardcore par habitude, et principalement dans le metal.

5/ Vous avez participé à la compilation " Chaos in Sweden ", vous en êtes satisfait ?

Oui je le suis, même si notre contribution à cette compilation a déja était publiée sur notre 7". Je fais moi-même un des deux gars derrière le premier # dans la série CIS, et je pense que c'est une bonne introduction au courant punk/Oi! en Suède, ainsi qu'un bel hommage aux classiques des enregistrements de Chaos Productions.

chaos

6/ Que pensez vous de la politique dans la Oi! ?

Je pense que la politique est présente dans toutes les musiques pertinentes, mais un groupe politisé n'a pas à avoir un programme politique. Je veux dire qu'il n'y aucun mal à écouter du Toy Dolls de temps en temps, mais la plupart de la scène punk et Oi! est et devrait être plus politique.

Généralement je pense que la politique est autant présente que la bière et le football. A la fin, la vie est quasiment centrée autour de la politique que vous le vouliez ou non.

7/ Quels sont vos projets et rêves ?

Personnellement, j'aimerai jouer plus de concerts, spécialement en Europe Continental. Et également continuer à écrire et réaliser de bonnes chansons.

8/ Que pensez vous de la scène Oi! / Punk en Suède ?

Elle est correct, c'est une scène assez libre où la plupart des personnes s'entendent même si ils sont en désaccord sur certaines choses.

9/ Avez vous des anecdotes à nous faire partager ?

Pas vraiment, nous n'avons pas assez voyagé :) , mais je reviendrai sur le sujet dans une ou deux années.

10/ Merci! , je vous laisse le mot de la fin !

Merci beaucoup pour l'interview ! Si vous n'avez jamais écouté Sabotage, et que vous avez accès à un nouveau truc appelé "spotify" notre premier 7" est disponible la bas, il s'appelle "Betraktelser Från Staketet". Au moins 7 titres sont disponibles sur youtube, tapez " sabotage oi " ou quelque chose comme sa et vous trouverez. En espérant pouvoir bientôt jouer en France. All the best !

 

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20 mars 2016

Criminal Class " A touch of class "

Aidez Evil Records à savoir quelle est la meilleure pochette pour "A touch of class " de Criminal Class, perso je préfère la cover 1.

criminal class

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Grade 2 - All I Know

Paroles:

" Play a 45 keep the record spinning all day long
the true sound keeps my blood pumping on
turn up to eleven to fuel my obsession
there's no flaw its like a fixation
I can't be stopped when I'm in the zone
'cause this is all that I've ever known

Around the world, you'll find our scene,
Strength through Oi!, it's curing me!

Travel far to witness the scene thrive
and when I'm up there I've never felt more alive
get off the island and catch a plane
Hamburg Paris maybe northern Spain
the music we love we're travelling miles
It's times like this that make it worth while "

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19 septembre 2015

Marching On fanzine #2 :

Le numéro 2 du fanzine ( Punk, Oi!, Skinhead ) Marching On est maintenant disponible ( deux mois après le premier ). Le fanzine est principalement en Suédois mais on peut aussi y retrouver des interviews en anglais.

marching one

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16 septembre 2015

Interview de CARL JAHIER ( SEPTEMBRE 2015 ) :

Merci à Carl d'avoir répondu aux questions ! et bonne lecture à tous !

1/ Salut, peux tu te présenter ?

Bonjour, je suis Carl, chanteur de Komintern Sect. J'ai 51 ans.

2/ Comment Komintern Sect s'est il formé ?

Komintern Sect s'est formé comme tous les groupes. Nous nous croisions dans les cafés ou au lycée et nous nous étions repérés à cause de nos looks. Puis, je ne sais plus lequel a lancé l'idée de monter un groupe... Nous étions des gamins de 17, 18 ans...

carl jahier 2014

Carl en 2014 ( credit photo: Manu Bezely )

3/ Quelle est la chanson que tu préfères chanter ?

Whaooo c'est une question difficile ! Dans les anciennes c'est peut-être « toujours le premier » car cette chanson continue toujours à m'émouvoir quand je pense aux copains que ne sont plus là. Dans les nouvelles chansons, j'aime beaucoup « D'une même voix » qui dit que nous sommes fiers et heureux que la Oi ! continue à se faire entendre et ne meurt pas. 

4/ Depuis quand es tu dans la Oi! ?

Depuis 1983, je crois. Peut-être même 82...

5/ Tu as joué dans d'autres groupes que Komintern Sect ?

Après Komintern, j'ai joué avec des potes dans d'autres groupes. J'ai continué à chanter, j'ai joué de la basse (mal) et même du clavier (encore pire) !

6/ Trouves tu qu'il y est une grande différence entre la Oi! des années 80 et celle d'aujourd'hui ?

Je ne trouve pas qu'il y ait une très grande différence. Je pense qu'il n'y a pas eu de rupture donc les choses ont continué. Les groupes maintenant sont certainement meilleurs techniquement et il y a pas mal de vieux qui continuent. La différence est peut-être dans le fait que politiquement parlant les choses sont plus claires. Je crois que les gens ont enfin compris qu'il y a une différence entre skinheads et boneheads. Les années 80 ont été très marqué par toutes les dérives politiques. L'esprit de 69 étaient bien loin.

7/ Tu as récemment joué avec Komintern Sect a Bogota, quelle a été la réaction du public Colombien ?

Une réaction incroyable et des moments extraordinaires. Comment aurions pu croire à 20 ans que nous irions un jour jouer à l'autre bout du monde et que les mecs et les nanas présents chanteraient nos chansons. Je crois que je n'ai jamais fait autant de photos de toute ma vie. Nous avons eu un accueil formidable et nous avons rencontré plein de potes. La Colombie reste un pays difficile mais peuplé de gens formidables. Nous avons pu voir une fois encore que le lien entre skinheads était une réalité quelque soit notre continent et notre vie.

8/ Que penses tu de la politique dans le mouvement skinhead ?

Je crois avoir répondu précédemment. La politique a gangréné notre mouvement pendant des années. Je n'ai rien à voir avec les extrêmistes quels qu'ils soient. Je pense que notre mouvement vient de la classe ouvrière et je suis bien triste de voir que la crise frappe de pleine face ceux qui n'ont déjà pas grand chose. Je suis encore plus attristé quand je vois que certains se laissent encore berné par de vielles théories. Nous n'avons jamais rien obtenu des politiques. Je n'ai jamais voté. J'aime la France car c'est le pays où je vis. J'ai des amis partout à travers le monde et je ne me sens pas supérieur aux autres. Je pense que l'on peut aimer son pays sans détester les autres. J'ai 3 enfants et j'essaye de les élever dans ce sens là. Notre mouvement doit se prémunir contre tous les extrêmes et nous devons montrer que nous sommes intelligents. La politique, c'est notre quotidien. Quand je pense qu'Angelic Upstarts chantait 2 million voices il ya 30 ans et que maintenant, il y a en France plus de 5,5 millions de chômeurs !

carl

Carl dans les années 80

9/ La Souris Déglinguée a été accusé de proximité avec l'extrême droite après son concert avec In Memoriam, tu en penses quoi ?

Je pense qu'ils se sont fait avoir et n'ont pas été assez vigilants sur ce coup là. Je connais  Tai Luc et Cambouis depuis près de 30 ans et je sais qu'ils n'ont rien à voir avec l'extrême droite.

10/ Quels sont les 5 derniers albums que tu as écouté ?

J'écoute plein de trucs excellents tous les jours. Je n'écoute pas spécialement d'albums car j'écoute beaucoup de musique via FB ou YT. J'ai écouté le dernier Harrigton Saints avec de très bon morceaux. Le Lazy Class à l'air vraiment bien aussi. Aujourd'hui j'ai écouté aussi Crown Court, Hooligan. Je suis un grand fan de Lion's Law. J'écoute essentiellement de la Oi ! Et du ska. J'aime beaucoup Grade 2 et Legion 76... Il y a tellement de bonnes choses que c'est un peu difficile de citer tout le monde. En plus, il y a plein de copains...

11/ Tu as déja essayé de jouer du psychobilly ?

Non, jamais... même si j'en ai aussi écouté et que je vais vu avec plaisir King Kurt à Londres l'an dernier lors de la Convention de tatouages.

12/ Peux tu nous parler de votre prochain album ?

Pas un prochain album mais plus certainement un 4 titres. J'espère qu'il va plaire. Nous allons enregistrer fin septembre. Je suis assez content car je crois que nous avons réussi à faire le lien entre les années 80 et maintenant... Vous aurez ça avant la fin de l'année. J'espère que vous ne serez pas déçu. On a déjà un titre que nous avons enregistré live en studio à Bogota. Il s'appelle « nous marchons dans la rue » et on peut l'écouter sur YT ou le trouver sur notre page FB.

Merci, je te laisse le mot de la fin !

C'est moi qui te remercie pour cette interview. Comme mot de la fin, je te dirais que nous sommes super contents de jouer et que j'espère que nous allons faire encore beaucoup de concerts. Je voudrai terminer avec les paroles d'une de nos nouvelles chansons :

« D'une même voix et dans nos pas

La voix de la Oi! ne s'éteint pas

D'une même voix et dans nos pas

Ceux qui la portent sont encore là »...

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09 septembre 2015

Komintern Sect - Nous marchons dans la rue :

Un nouveau morceau qui sera sur le prochain album de Komintern Sect ( version 2015 )

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08 septembre 2015

Skandalo Oi! :

Groupe colombien ( avec un assez bon look pour la plupart des membres ) formé en 1996, leur musique est un mélange de Ska et de Oi!.

skandalo

Leur premier vidéoclip ( enfin après presque 20 ans de carrière quand même haha ) sortit le 6 septembre 2015.

Un membre de Skandalo Oi! avec Roi Pearce chanteur de The Last Resort

skandalo

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06 septembre 2015

Komintern Sect dans les années 80 :

komintern sect 1981

 

komintern sect 1981

 

komintern sect 1981

 

komintern sect 1981

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Mouvement Skinhead :

Le mouvement skinhead jouit d’une mauvaise réputation et rares sont ceux qui participent à sa réhabilitation. A Nantes, Trempolino a décidé de franchir le pas en accueillant l’exposition "Rasés de près" de la photographe Alexandra Czmil jusqu’au 30 mai. Fragil était présent le 21 avril pour le vernissage doublé d’une conférence du sociologue Gildas Lescop sur la subculture skinhead. Enseignant à l’université de Nantes, Gildas Lescop est auteur d’une thèse en sociologie, « Les skinheads, du phénomène de mode au phénomène social ».

gildas lescop

Gildas Lescop

Fachos, brutes décérébrées, American History X, hooligans, Serge Ayoub, profanations. Voilà grosso modo le panel de représentations communes généralement associées au terme skinhead. Or, comme nous le rappelle Gildas Lescop, la subculture skinhead s’avère bien plus diversifiée que les préjugés et raccourcis qui lui collent à la peau. Revenons donc sur l’histoire du mouvement illustrée par quelques photos d’Alexandra Czmil.

Aux origines du mouvement

Le mouvement skinhead émerge en Angleterre dans les années 1960. Il se développe à la fois dans la continuité et en réaction aux deux autres mouvements de la jeunesse britannique d’après-guerre, les Teddy boys puis les mods. Les premiers se caractérisent par des choix musicaux et vestimentaires bien spécifiques ainsi qu’une forme de radicalité comportementale se traduisant parfois en actions violentes. Les médias y voient alors « un signe de déclin de l’Angleterre ». Les Teddy boys constituent une sorte de matrice pour toutes les autres sous-cultures juvéniles qui suivront.

Les mods quant à eux se démarquent par « l’excellence vestimentaire, la passion pour les musiques noires - du modern jazz au rhythm and blues - et la compétition interne autour de la danse. » Mais le traitement médiatique retient principalement les échauffourées qui opposent les mods aux rockeurs sur les plages de Brighton à l’été 1964. Ces conflits provoquent une scission qui voit la faction prolétarienne du mouvement, regroupée sous la dénomination hard-mods, se détourner progressivement.

Gildas Lescop rappelle le conflit d’intérêt existant entre les mods se tournant vers le « psychédélisme des milieux estudiantins » et les hard-mods davantage intéressés par la bagarre que par les vêtements et la musique. Le virage psychédélique correspond pour ces hard-mods à un « brouillage des frontières de classe » alors qu’ils se positionnaient dans une revendication forte de l’identité ouvrière. Cette séparation est bien illustrée dans le film de Gillies McKinnon, Small faces.

En conséquence les hard-mods se rapprochent des Rude boys. Connus comme les fauteurs de trouble des sound systems, ces immigrés antillais adoptent « un style vestimentaire dur et tranchant qui plaît aux jeunes prolétaires britanniques. » Les cheveux ras et le pantalon court d’un Desmond Dekker constituent à ce titre une source d’influence considérable. Pour Gildas Lescop, cela permet à la fois de « s’affirmer et de s’autonomiser. » C’est donc au contact de ces Rude boys qui importent le reggae jamaïcain que se noue véritablement ce qui deviendra le mouvement skinhead.

La première génération : Spirit of 69

Le terme skinhead apparaît pour la première fois dans le Daily Miror du 3 septembre 1969. Ce sont les médias qui ont popularisé le mot alors qu’on parlait de ballheads ou noheads selon les zones géographiques. Mais le premier coup d’éclat médiatique a lieu deux mois plus tôt lors du concert des Stones le 6 juillet à Hyde Park. Un magazine underground hippie relate « la présence de stupides terroriste portant jeans, bretelles et grosses chaussures, évoluant en larges groupes et agressant ici et là des spectateurs aux cheveux longs. » Toujours selon ce journal, les skinheads s’en sont pris aux Hells Angels chargés de la sécurité et ont passé le reste du temps à huer les Stones. Ces derniers étaient considérés comme des « pourris, renégats des mouvements mods », selon Gildas Lescop.

Les skinheads se retrouvent dans trois types d’espaces : la rue, les endroits susceptibles de jouer du reggae et les stades de foot, sorte de réservoir grandeur nature du mouvement où les plus jeunes peuvent échapper au contrôle parental. Pour freiner les ardeurs au stade, les bobbies de l’époque avaient pris l’habitude de faire enlever les boots aux skinheads. Enlever la chaussure qui donne le coup de pied, comme le font certaines institutrices en maternelle.

1971 le déclin, 1977 le renouveau

Le mouvement commence à s’affaiblir au début des 1970. Gildas Lescop dévoile ici deux explications parmi d’autres. Premièrement le reggae prend un virage spirituel via la mouvance rasta. Or les skinheads ne se retrouvent pas dans les thèmes religieux car ils sont davantage attachés à l’aspect festif de la musique jamaïcaine. Deuxièmement, la visibilité médiatique a accru la vigilance policière. Les skinheads se voient contraints d’adopter un comportement parfois plus policé et un style plus « passe-partout ». Ce dérivé stylistique donne naissance au mouvement Suedhead du nom du roman de Richard Allen.

Après un passage à vide au milieu des 1970, les skinheads reviennent sur le devant de la scène « à la faveur de l’explosion du mouvement punk ». S’opère alors un rapprochement entre skinheads et street punks que l’on retrouve dans le groupe Sham 69. Le noyau dur des fans du groupe, réunis au sein de la Sham Army, devient « le foyer de renaissance du mouvement skinhead ».

Récupération politique de l’extrême droite

Dans un contexte de crise économique, le renouveau skinhead est vu d’un mauvais œil. Peu enclins à la nuance, les médias ne se posent plus la question du positif ou du négatif et s’empressent de discréditer le mouvement. Un événement va venir cristalliser cette méfiance générale au début du mois de juillet 1981. Une agression à un concert de Oi ! à la Hamborough Tavern de Southall dégénère en émeutes dans les jours suivants. Ces affrontements achèvent d’associer mécaniquement le mouvement skinhead à la violence.

Ce climat hostile est instrumentalisé par le parti du National Front qui « mène une politique de séduction à l’égard des jeunes skinheads en ciblant prioritairement les stades de foot et les salles de concert ». Le vieillissant parti ultranationaliste surfe sur la crise économique pour engager une campagne de recrutement et de rajeunissement au sein du parti qui souhaite présenter davantage de candidats. Les hippies et les punks ne faisant pas l’affaire, le National Front se concentre sur les skinheads dont certains tombent dans l’escarcelle du parti d’extrême droite.

L’opportuniste Joseph Pierce allant jusqu’à déclarer que la Oi ! était la musique du National Front, provoquant la condamnation de la plupart des groupes. Pour contourner les difficultés d’intégration aux groupes Oi ! et street punks, le National Front crée « sa propre structure avec le label White Noise ». Ian Stewart, ancien punk rallié au parti et leader du groupe Skrewdriver devient « la figure de proue » de ce que l’on appelle le RAC, pour Rock Against Communism.

Réaction des fidèles à l’esprit de 69

Face à cette dérive identitaire, les groupes comme Sham 69 sont sommés par leurs majors de prendre position entre les tendances antagonistes du RAC et du RAR pour Rock Against Racism. Par souci d’indépendance et par crainte de récupération politique, d’un bord comme de l’autre, les groupes décident de ne pas choisir.

Le parrain de la Oi !, Garry Bushell, publie alors une tribune où « il renvoie dos à dos le travailleur social hippie, les communistes machiavéliques de la classe ouvrière, les nazis tordus en tant qu’ennemis cherchant à saper le capital moral et politique de la jeunesse ouvrière authentique. » Cette position apolitique de Gary Bushell passera mal, traité de fachos par les magazines musicaux et considéré comme un rouge par les skinheads néonazis. Il sera d’ailleurs poignardé par un militant du National Front, remarque Gildas Lescop.

D’autres groupes vont au contraire se positionner clairement contre les skinheads d’extrême droite et revendiquer leur antiracisme. Cela correspond aussi au revival du ska avec des groupes comme The Specials qui veulent revaloriser l’image du mouvement en le reliant aux influences jamaïcaines des débuts. Cette réhabilitation antiraciste est notamment symbolisée par le logo du label Trojan. Le skinhead nazi est alors renommé Boneheads par les SHARP (Skinhead Against Racial Préjudices) et les plus politisés Redskins qui s’engagent dans les partis et syndicats ouvriers.

Le traitement médiatique

Il est important de revenir sur la responsabilité des médias dans l’émergence des skinheads néonazis, par le biais de deux principaux facteurs. Dans un premier temps, « la simplification » par laquelle on réduit systématiquement le skinhead à un nazi et ce malgré la diversité des points de vue dans les reportages. Cela s’explique par l’impératif de ne proposer au public qu’une seule définition ou qu’un seul angle par phénomène étudié. Tabloïds britanniques et complexité ne font pas bon ménage dans le cas présent.

Dans un second temps, « l’amplification » : en donnant la parole systématiquement aux skinheads néonazis, les médias confèrent une forme de légitimité et « suscitent quelque part des vocations ». Certains sont devenus skins nazis par « un jeu d’identification négative » ou de mimétisme, du fait de leurs présences à l’écran. Il existe en outre une forme de contrat tacite entre les deux parties qui trouvent chacun leur compte : les médias demandeurs de spectaculaire et les skinheads à la recherche de publicité.

alex

Article sur le travail de Alexandra Czmil

Regard sociologique

Pour évoquer la subculture skinhead, le sociologue Phil Cohen parle de « réaffirmation intégriste des valeurs de la classe ouvrière extériorisé au travers d’un ensemble stylistique signifiant, par lesquels les skinheads fétichisaient leur position de classe ». Plusieurs chercheurs voient dans les différentes sous-cultures une réponse à la crise d’identité de la classe ouvrière. Avec leurs costumes, les mods expriment un désir de mobilité social ascendante alors que les boots et bretelles du skinhead renvoient à un repli sur les valeurs de la classe ouvrière.

Les travaux sociologiques mettent également en exergue la séquence en trois temps qui survient mécaniquement après l’émergence d’une nouvelle subculture : « d’abord la curiosité, ensuite le discours catastrophiste, enfin la neutralisation/récupération commerciale ou marchande ». Ce que l’on retrouve dans la plupart des grands mouvements musicaux sauf pour les skinheads : « la réputation était tellement mauvaise qu’il n’y a jamais eu de récupération ».

Pour finir, Gildas Lescop évoque les deux concepts permettent permettant de mieux appréhender l’évolution du mouvement skinhead : d’abord la « prophétie auto-réalisatrice » de Robert King Merton qui fait « qu’une définition fausse au départ s’avère vraie car suscitant des adhésions ». Ensuite la « panique morale » de Stanley Cohen où le skinhead devient un « démon familier qu’on exhibe pour montrer au corps social quel rôle négatif doit être évité ».

Texte par Flamen Keuj

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14 août 2015

Crown Court est venu dépoussierer la Oi! ( par Vice - Aout 2015 ) :

- Petite correction Oi! ne s'écrit pas avec un tréma sur le i.

Texte par Noisey ( vice )

Il y a aujourd’hui deux catégories de oï!. La première, strictement partisane, à gauche comme à droite, est bourrée de morceaux médiocres et peu originaux, dont plus personne ne se souviendra dans six mois. La seconde, sans couleur politique, est tellement aseptisée et mollassonne qu'on se demande encore ce qui la maintient en vie. Que reste t’il donc aux skinheads qui se respectent ? Bien que la oï! soit un genre extrêmement codifié, aux possibilités somme toute assez limitées, j’ai toujours eu du mal à comprendre comment autant de groupes arrivaient à se foirer. Heureusement, certains jeunes groupes arrivent à préserver l’esprit originel de la scène et à faire honneur aux traditions tout en apportant une gigantesque dose de fraîcheur au genre.

C'est le cas 
Crown Court, groupe londonien de premier choix, formé en 2014 qui a balancé en une simple démo et un EP une invraisemblable poignée d'hymnes bruts et fédérateurs, à écouter poing en l’air et Docs coquées aux pieds. À l’occasion de la sortie de leur nouvel EP English Disease sur Rebellion Records, j’ai pu m’entretenir avec Nick et Charlie, respectivement bassiste et guitariste du groupe. Et ils ont même accepté de nous filer un avant-goût du EP à venir avec le morceau « Jack Jones ».

crown court

Crown Court ( au centre Trevor chanteur de la formation )

Noisey : D’où vient le nom du groupe ? Vous l’avez choisi en référence au morceau du groupe écossais On Parole ?

Nick : Ouais, t’as tout juste !

Charlie : Ouais, c’est en rapport à ce morceau. C’est Nick et notre chanteur Trevor qui l’ont trouvé, on voulait un nom qui ne fasse pas cliché. Crown Court est resté. 

Vous entendez quoi par « English Disease » ? C’est une vraie maladie ou c’est une métaphore ?

Nick : C’était une expression de Thatcher pour décrire les hooligans des clubs de foot. Si c’était une vraie maladie, Trevor serait un vrai cas d’école !

Charlie : Ça collait bien au groupe. On est anglais, et ici semer la zizanie est un sport national. On est connu dans le monde entier pour ça.

Quand exactement êtes-vous tombés dans le monde merveilleux des skins et qu'est-ce qui vous a motivé à vous mettre à la oï! ? 

Nick : Quand tu grandis à Londres, tu côtoies toutes les sous-cultures possibles dès ton plus jeune âge. Mes parents étaient punk, donc j’ai très tôt eu conscience des différentes tribus. Faire de la oï!, comme du hardcore, c’est juste la meilleure évolution qu’ait connu le punk mais on trouvait qu’il manquait quelque chose aux groupes qui s’en revendiquaient.
Charlie : J’ai toujours été sensible au mouvement skinhead. Tu ne peux pas l’éviter ici. Là où j’ai grandi, beaucoup d’enfants avaient des parents qui étaient skin dans leur jeunesse ou qui partageaient une culture casual. Mes deux parents étaient punk dans les années 80, j’écoute du punk et du reggae depuis que je suis môme. On a monté Crown Court parce qu’on trouvait qu’il y avait trop peu de bonne oï! moderne. Beaucoup des groupes actuels sonnent comme Green Day, à la différence qu’ils portent des Docs et des bretelles. Ce n’est pas de la oï! à mon sens. C’est juste du rock’n’roll, mais c’est pas sensé être quelque chose de sympa. 

Depuis plusieurs dizaines d’années, le mouvement skin est morcelé en plusieurs sous-groupes, chacun estimant représenter le skinhead authentique. Selon vous, c’est quoi être skin en 2015 ?

Charlie : Il y a une vraie crise d’identité du mouvement skin. Les gens ne sont jamais d’accord. Moi, j’ai pas le temps pour ça. Je suis juste un mec de Londres qui aime bien se saper et jouer du punk et de la oï! Il faut que les gens voient un peu plus loin que le bout de leur nez et arrêtent de vouloir rentrer bêtement dans les vieux stéréotypes qu’ils ont de la jeunesse anglaise. Ils doivent aussi comprendre le contexte politique de l’époque à laquelle évoluaient les skins. Les skins étaient les gros bras de la rue, les partis de l’époque, qu’ils soient de droite ou de gauche se servaient d’eux pour faire le sale travail. Aucun de ces groupements ne s’intéressait à la musique ou à la culture skin. Les gens doivent bien se rappeler de ça. 

Nick : Beaucoup des skins de la première heure, de la fin des années 60/début des années 70, refusent catégoriquement tout ce qu’ont apporté les skinheads des années 80. C’est stupide. En revanche, la scène oï! s’est surtout divisée en fonction des grandes idées politiques de ceux qui y appartenaient. C’est hyper chiant, ça n’a aucun rapport avec la vraie vie, les vrais gens et la vraie politique. 

Moi j’écoute tout, des Gaylads à Larry Williams en passant par Indecent Exposure (et plein d’autres trucs qui n’ont aucun rapport avec l’univers skinhead d'ailleurs). Je porte des ourlets de différentes longueurs, mais toujours la couture vers l’intérieur. Parfois, j’ai les cheveux courts ou je rase les côtés et l’arrière. Aux pieds, je porte des chaussures basses ou des boots, ça dépend. Si je parle beaucoup de fringues c’est parce que c’est une partie intégrante de la culture skin, mais ça ne devrait pas être un uniforme figé et obligatoire, respecte le look des anciens mais habille toi comme tu aimes et fais le pour toi. Pardon, je m’égare. 

Vous avez l’air de bien connaître votre domaine. Vous avez pas deux albums oï! à nous faire partager, un peu plus obscurs ou oubliés à tort, d’hier ou d’aujourd’hui ?

Nick : En ce moment, la oï! française marche bien en Angleterre, mais étrangement pas le EP des Swingo Porkies. Pourtant c’est le premier groupe de oï! française de tous les temps et ils ont certainement le meilleur saxo du genre. Ils se sont reformés récemment avec Wattie de Raxe et Lion’s Law au chant. Respect à lui et à tous ses groupes. Ensuite, il y a Blade, un groupe japonais du milieu des années 90. Ils avaient un son très différent des groupes de Tokyo de l’époque des Samurai Spirit Skinhead (SSS), ils faisaient quelque chose de beaucoup plus mélodique. Leur titre « Boycott » est un des meilleurs morceaux punk que j’ai entendu. Et puis, ils savaient se sapper. 

Je trouve ça cool que vous ne sortiez que des EP, c’est hyper efficace. Mais vous pensez sortir un album plus tard ?

Charlie : Ouais, j’aimerais bien sortir un album un jour.

Nick : On en a discuté mais on sait pas si ça se fera un jour. On a d’autres groupes à côté, Trev a des horaires bizarres et on est pas franchement très organisés, ça va être compliqué mais c’est ce à quoi on aimerait aboutir. 

Dans les années 80, mes potes et moi étions à fond dans la oï! anglaise. À l’époque, ce qui se faisait en oï! américaine était assez merdique, mais j’ai l’impression que ça a changé. Y’a des groupes américains de oï! que vous aimez particulièrement ? 

Nick : Ouais, y’a plein de bonnes choses qui sortent aux Etats-Unis. Récemment, j’ai adoré l’album de Vanity. C’est de la bonne musique skinhead, très influencée par le rock’n’roll, bien dans l’esprit des sorties de Chiswick Records. Battle Ruins, le groupe oï! de Brendan Radigan défonce aussi. Et je ne parle même pas des Templars, qui tiennent toujours le pavé et qui continuent d’être aussi prolifiques. Ce n’est peut-être pas un groupe « moderne » de oï!, mais ils sont, encore aujourd’hui, le meilleur groupe oï! des États-Unis.
Charlie : Je suis d’accord avec Nick. Le nouvel album de Vanity bute. Et de toute leur carrière, les Templars ont toujours visé juste. 

J’aimerai avoir votre avis concernant ces groupes mythiques de oï! qui ont, après leur premier album, sorti des trucs complètement différents. Par exemple, l’album Second Empire Justice de Blitz, bourré de synthés.

Nick : C’est cool, j’aime bien. Mais bon, c’est quand même moins bon que ce qu’ils ont sorti sur No Future. 

Et pour le son plus heavy metal de Cockney Rejects sur The Wild Ones ?

Nick : Ouais, ça va, mais j’écoute plus souvent les compilations Greatest Hits 1 et 2.

Charlie : Ça va, il est pas mal mais je pourrai m’en passer. 

Et Volunteers, le tournant plus pop des Sham 69 ?

Nick : C’est de la merde.

Charlie : Je ne l’ai écouté qu’une fois, c’était la première et la dernière. 

Dernière question : qui est le boss des skins, Hoxton Tom ou Joe Hawkins ?

Charlie : Hoxton Tom, sans hésiter. 

Nick : Y’a pas de compétition possible, l’award va à Howton Tom McCourt direct. C’était le mec le mieux sapé des années 80, le bassiste du meilleur groupe oï! de tous les temps et un super DJ fana de soul. Une légende.

Merci les gars. Un dernier commentaire peut-être ?

Nick : Merci à toi pour l’interview, Freddy. New Breed est ma compil de hardcore préférée depuis toujours. 

Charlie : Si vous aimez la culture skinhead alors respectez ses racines et son futur, ne rentrez pas dans une routine débile. Je n’aurais jamais joué de guitare sans le hardcore de New-York, merci pour ça. 

Posté par Lonesome Rider à 13:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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