Leur premier album est sortit cette année !!! Qui dit nouvel album, dit interview (surtout pour le premier)  ;) . Bonne lecture !

Horrible Music for Horrible People - 1/ Salut, pouvez vous nous présenter le groupe ?

Dr Loomis & the Freakies - Salut ! Nous sommes Dr Loomis and the Freakies, nous venons de Reims. C'est Max, le contrebassiste, qui est à l'origine du groupe, aux alentours de 2008. C'est d'ailleurs le seul membre qui subsiste de cette période. À l'époque, Max jouait de la basse dans un groupe de Street Punk (Contingent Anonyme) et commençait à avoir envie de toucher à d'autres styles, davantage tournés vers le Rock'n Roll, le Psychobilly, la Surf, la musique Western, dans une ambiance un peu glauque de films d'horreur (de série B voir de série Z!), de comics... bref, envie de prendre un peu de liberté là où le style qu'il pratiquait n'en permettait que trop peu. Autour de Max, la formation a beaucoup évolué : batteurs, guitaristes, chanteurs et chanteuses, sont passés parfois pour une répète, quelque fois pour plus longtemps...

2/ Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Comme pour beaucoup de groupes, il a fallu un peu de temps pour que le line-up se stabilise. Dr Loomis and the Freakies est composé depuis 2010 de trois membres qui tiennent à s'enfermer en salle de répète ou à s'exp(l)oser sur scène aussi souvent que possible autour d'une bonne dose de décibels et quelques bières. Musicalement, Reims est une petite ville, avec une scène Rock au sens large assez limitée. Quand on commence à parler de styles un peu old school, agressifs, déconnants, on se retrouve avec une poignée de gugusses qui se connaissent tous plus ou moins. La formation s'est donc construite autour de Max Loomis, qui après des premiers temps à la basse s'est attaqué à la contrebasse. La batterie est tenue par Romain Loomis, qui a officié dans divers groupes rémois (Envers et contre tous). À la guitare, Loïc Loomis, qui a joué dans pas mal de formations à base de Punk Rock et assimilés. Les braillements et autres borborygmes se partagent entre Max et Loïc. C'est autour de ces trois-là que les choses ont commencé à se dessiner plus précisément : le style s'est davantage tourné vers le Psychobilly pour les inspirations tant de textes que de musiques, avec des influences qui passent par The Meteors, Demented are Go, Nekromantix, Mad Sin, ou encore Reverend Horton Heat, Coffin Nails, The Brains, et tant d'autres. Mais nos expériences passées ont forcément laissé des influences profondes dans notre façon d'aborder les choses : on a gardé un côté outrancier et un peu brut dans le son qui nous garde près du Punk. Comme on n'est pas très branché « étiquettes » on s'en fout, mais pour certains puristes du Psychobilly on est trop punk, pour les punks on n'est pas de la partie vu qu'on a une contrebasse, et je ne parle même pas de ce qu'en pense ceux qui écoutent du Rockab' ! Disons qu'on fait du Fuck-you-billy !

dr loomis & the freakies concert

3/ Des projets à venir pour le groupe ?

Toujours plein de projets ! On a commencé l'enregistrement de quatre titres au mois de juillet afin de sortir un 45tours d'ici la fin de l'année ou le début 2015. La batterie et la contro sont dans la boîte, il ne manque plus qu'à ce que le guitariste (qui sert aussi d'ingé son à deux sous) trouve un peu de temps pour finir le boulot. L'inoxydable Paskal Millet, leader charismatique des défunts Monster Klub, dessinateur de grand talent, et surtout fidèle pote, est sur le coup pour la pochette. On est déjà tellement confiant dans le résultat qu'on a prévu d'en faire un T-shirt ! Un autre truc qui nous plairait et auquel on pense depuis un moment, ce serait de faire un clip video pour soutenir un morceau. On a des tas d'idées mais pas tellement de moyens techniques, donc pour l'instant ça reste dans les cartons. Surtout, on veut faire de la scène parce que c'est vraiment le moment où on s'éclate. Et quand on regarde l'agenda pour les mois à venir, il est un peu creux...alors, appel aux organisateurs de tout poil !

4/ " Dr Loomis ", d'ou vient ce nom et pourquoi l'avoir choisit ?

Le Dr Loomis est le psychiatre de Michael Myers dans Halloween. Après, pourquoi ça plutôt qu'autre chose ? Pourquoi « and the freakies » ? Max Loomis, qui est à l'origine de ce nom, dit que c'était pour avoir un nom à rallonge... la vérité, c'est qu'on n'en sait rien et que ça doit dater d'une époque où il abusait gravement de boissons fermentées ! D'ailleurs Romain et Loïc déclinent toute responsabilité !

5/ Votre premier album ( très bon ) " Freakyland Sanatorium " est sortit cette année, en êtes vous satisfait ? peut on toujours le commander ?

Tout d'abord, merci ! Comme tout premier album ou presque, ça marque une période qui va quasiment de la création du groupe jusqu'à l'enregistrement, donc il y a des morceaux assez différents qui reflètent l'évolution du groupe. On est plutôt contents du résultat, même si quand on enregistre un album, on a tellement répété, joué, entendu, ré-écouté les morceaux au cours du processus qu'à la fin on a du mal à les apprécier. Après, nous faisons tout nous même, de la prise de son au mixage, avec des moyens très limités, donc ça reste une production modeste mais 100% maison. On peut trouver ça perfectible, mais c'est notre production. D'ailleurs, à part un très vieux pote (Arno d'Adrenaline Records), tous les moyens viennent de la caisse du groupe et de nos propre fonds de porte-monnaies ! Les futures productions sont donc conditionnées au fait de pas trop se mettre dans le rouge sur cet album ! Comme c'est avant tout pour se faire plaisir, on a choisi d'éditer l'album en vinyl, rouge transparent, histoire d'avoir un objet dont on serait content. Depuis, on l'a ré-édité en CD aussi, et dans la foulée on a sorti un T-shirt avec notre logo, œuvre de l'ami Paskal. L'album en LP, en CD ainsi que le T-shirt sont disponibles ! Support your local freaky band !

dr loomis album

6/ De quoi parlent vos textes ?

Les thèmes abordés sont assez classiques dans le genre. Finalement, ça fait partie du truc d'écrire des textes un peu « clichés ». Les films, séries, comics ou romans d'horreur sont notre première source d'inspiration. Par exemple, on a une chanson sur un type qui se la joue docteur Frankenstein avec sa fiancée qu'il vient juste de tuer dans un accès de colère, une autre sur une gentille petite fille qui assassine sa famille, ou encore une sur un mec qui passe une nuit avec le Diable. Mais il y a aussi des goules, des zombies, des fantômes... Pas mal de nos textes sont aussi tournés vers le côté plus « maladie mentale » de l'horreur : il y a une palanquée de psychopathes, de schizophrènes, de névrotiques en tous genres ! Quelques autres sont un peu plus fun : on en a une qui raconte l'histoire d'une belle famille incestueuse de consanguins. Ce qu'on essaye de faire finalement, c'est de partir d'une inspiration très classique pour raconter une histoire marrante ou sous une forme un peu originale.

7/ Pourquoi ne pas chanter en français ?

Un peu comme pour le choix des thèmes, il y a des choses qui font partie du cliché. Chanter en anglais en est un. Le Rock n'Roll en général s'est construit avec l'anglais. C'est un débat sans fin, mais on peut penser que c'est une langue dont la musicalité colle bien avec le style. Le jour où on se met à faire de la variétoche, promis on repasse au français ! Et puis surtout, vu que trois-quarts des gens qui viennent à nos concerts ne comprennent rien, ça permet de raconter n'importe quoi. On a eu, à une période, une chanson en français mais ça fait très longtemps qu'on ne la joue plus.

8/ Avez-vous des contacts avec des groupes d'autres continents (Europe, Amerique...) ?

A notre grand regret, pas assez. On a simplement joué il y a quelques mois à Paris avec Sick Sick Sinners, un groupe qui vient du Brésil, et qui fait un psycho très énergique : une bonne soirée. Ils faisaient une petite tournée européenne en compagnie d'un groupe avec qui on a joué plusieurs fois, NauseaBomb, et qui nous a invité à partager l'affiche. On a joué aussi en Belgique avec Adios Pantalones : les mecs sont très jeunes mais jouent très old school.

dr loomis & the freakies concert

9/ Que pensez vous de la scène psycho française ?

Nous ne sommes pas très proches des groupes de Psycho français. Nous avons joué plusieurs fois avec The Monster Klub, aujourd'hui disparu, et avec qui nous avions de très bonnes relations, mais surtout parce que ce sont des gens qui viennent de la même région que nous, qu'on a cotoyé de près ou de loin depuis longtemps et qui sont devenus des amis. La scène française n'apparaît pas vraiment comme unie, les groupes sont très éclatés et on n'a pas vraiment eu l'occasion de bouger assez pour créer des liens. Ça fait partie des choses qu'on a envie de faire d'ailleurs : essayer d'organiser quelques concerts avec des groupes français dont on apprécie la musique même si on ne les connais pas. Sinon, on peut aussi citer NauseaBomb et Bitch Slappers, deux groupes à contrebasse qui naviguent à la limite du punk et du Psycho, qui sont de Paris et sa banlieue et avec qui ont a partagé l'affiche à plusieurs reprises.

10/ Vous avez une ( ou des ) anecdote(s) à nous faire partager ?

Il y a quelques mois, on a eu un plan pour jouer dans un petit bar qui organise régulièrement des concerts, le genre de plan où c'est un peu le téléphone arabe et on ne sait pas où on met les pieds. Bref, on arrive à établir le contact, on envoie un lien vers quelques titres, la date est calé. En arrivant, la patronne nous dit que son public est plutôt Rockabilly mais qu'elle voulait essayer d'ouvrir un peu plus le style. Au fur et à mesure que le public arrivait, on s'est rendu compte que c'était 100% Rockabilly very old school. Dans les quelques mecs qui nous ont parlé, il y en a un qui n'écoutait rien qui ait été produit après 1957 et l'autre qui se disait très ouvert musicalement puisqu'il écoutait du rockabilly, du hillbilly, du wildbilly, et même parfois un peu de swing. En gros, c'était pas un bar mais un lieu où se rassemblait une bande de potes qui écoutaient tous la même musique...le problème, c'est que c'était pas la nôtre ! On a vu leurs têtes se décomposer quand on a commencer à jouer : les types grimaçaient comme si on égorgeait des chats ! Pour les attendrir, on a balancé quelques reprises de Sun records : c'était encore pire, car on osait toucher au mythe. Au bout de quelques morceaux, la patronne nous a demandé de jouer moins fort, parce que ça gênait sa clientèle. C'est exactement ce qu'on a fait : on a joué tellement moins fort qu'en fait on a éteint les amplis, ranger le matos, et une demi-heure après on était sur l'autoroute.

11/ Merci ! , je vous laisse le dernier mot !

D'abord, merci à toi. On espère continuer longtemps à faire ce qu'on aime et à s'amuser. Tant pis pour les autres !